Nous avons tous une famille, des amis, des passions, des rêves, des croyances, des projets…
Notre vie est composée de plusieurs domaines qui, ensemble, participent à notre équilibre et à notre épanouissement.
On entend souvent dire qu’une vie heureuse repose sur l’équilibre entre ces différentes dimensions : la santé, les relations, la vie familiale, la spiritualité, les loisirs, les finances, le développement personnel ou encore le travail.
Mais parmi tous ces domaines, en est-il un qui occupe une place plus importante que les autres ?
À première vue, la réponse semble être non. Chacun est important à sa manière.
Pourtant, lorsque l’on observe notre vie avec un peu de recul, un domaine semble influencer presque tous les autres : le travail.
De quel travail parlons-nous ?
Avant d’aller plus loin, précisons ce que nous entendons par « travail ».
Le mot est utilisé dans de nombreux contextes.
Un élève dira qu’il travaille lorsqu’il révise ses leçons.
Une mère ou un père au foyer dira qu’il travaille en s’occupant de sa maison et de ses enfants.
Un musicien parlera du travail nécessaire pour maîtriser son instrument.
Un sportif évoquera le travail réalisé à l’entraînement.
Un salarié dira qu’il travaille lorsqu’il exerce son métier.
Un entrepreneur dira également qu’il travaille pour développer son entreprise.
Toutes ces activités demandent des efforts.
Dans cet article, nous nous limiterons toutefois au travail exercé dans le cadre d’une activité économique, c’est-à-dire toute activité ayant pour finalité de produire un bien ou un service en échange d’une rémunération.
Le début d’une nouvelle étape de vie
Pour beaucoup de personnes, la vie suit un parcours relativement similaire.
Les premières années sont principalement consacrées à grandir, apprendre et se préparer à devenir autonome.
Puis vient une étape qui marque un véritable changement : l’entrée dans la vie professionnelle.
À partir de ce moment, le travail cesse d’être une idée lointaine. Il devient une réalité quotidienne.
Et sans que nous nous en rendions toujours compte, il commence à organiser une grande partie de notre existence.
Le travail organise notre temps
La première influence du travail est visible : notre temps.
Nos journées s’organisent autour de nos horaires de travail.
Nos heures de réveil, nos repas, nos temps de repos, nos soirées et même nos week-ends sont souvent déterminés en fonction de notre activité professionnelle.
À cela s’ajoutent les trajets, les réunions, les formations, les heures supplémentaires ou encore les réflexions que nous poursuivons parfois une fois rentrés chez nous.
Le travail n’occupe donc pas seulement quelques heures dans une journée.
Il structure notre emploi du temps.
Le travail influence nos choix de vie
Mais son influence ne s’arrête pas au temps.
Elle s’étend à de nombreuses décisions importantes.
Notre travail détermine souvent le niveau de vie que nous pouvons avoir.
Il influence le logement que nous pouvons nous permettre, le quartier dans lequel nous habitons et parfois même le pays ou la région où nous choisissons de vivre.
Il conditionne une partie de nos projets : acheter une maison, financer les études de nos enfants, voyager, créer une entreprise ou préparer notre retraite.
Même notre temps libre dépend souvent de notre activité professionnelle.
Nous organisons nos vacances, nos loisirs et nos moments en famille en fonction de nos obligations de travail.
Autrement dit, bien des aspects de notre vie s’organisent autour de lui.
Le travail façonne aussi notre identité
Il existe un autre signe qui révèle l’importance du travail.
Lorsque nous rencontrons une personne pour la première fois, après avoir échangé nos prénoms, une question revient presque systématiquement :
« Que faites-vous dans la vie ? »
Autrement dit :
« Quel est votre travail ? »
Cette question paraît anodine.
Pourtant, elle montre que notre profession est devenue l’un des premiers éléments par lesquels nous sommes identifiés.
Nous ne répondons pas seulement :
« Je travaille dans une école. »
Nous disons souvent :
« Je suis enseignant. »
Nous ne répondons pas :
« Je travaille dans un hôpital. »
Nous disons :
« Je suis infirmière. »
Progressivement, le métier ne décrit plus seulement ce que nous faisons.
Il participe à définir qui nous sommes aux yeux des autres… et parfois à nos propres yeux.
C’est aussi pour cette raison qu’une perte d’emploi, un changement de carrière ou un départ à la retraite peuvent être vécus comme bien plus qu’un simple changement d’activité.
Ils peuvent remettre en question une partie de notre identité.
Le travail, un domaine parmi les autres… ou le domaine qui influence les autres ?
Nous présentons souvent le travail comme un domaine de la vie parmi d’autres.
Pourtant, il possède une particularité que les autres domaines n’ont pas toujours.
Il influence directement notre temps, nos revenus, nos conditions de vie, nos projets, nos relations, notre environnement et parfois même la manière dont nous nous définissons.
En ce sens, le travail ne constitue pas seulement une partie de notre vie.
Il agit comme une structure autour de laquelle de nombreux autres domaines viennent s’organiser.
Cela ne signifie pas qu’il est plus important que la famille, la santé ou les relations humaines.
Cela signifie simplement qu’il exerce une influence considérable sur la manière dont nous vivons chacune de ces dimensions.
Une prise de conscience nécessaire
Nous passons souvent des années à chercher un emploi, à construire une carrière ou à développer une activité.
Mais nous prenons rarement le temps de nous demander quelle place nous souhaitons réellement accorder au travail dans notre existence.
Pourtant, dès que nous entrons dans la vie professionnelle, il devient l’un des principaux piliers de notre quotidien.
Il organise notre temps.
Il influence nos choix.
Il conditionne une partie de nos possibilités.
Il participe à notre identité.
Prendre conscience de cette réalité ne signifie pas qu’il faille faire du travail le centre absolu de notre vie.
Au contraire.
Cela nous invite à être vigilants.
Car si le travail exerce une telle influence sur notre existence, alors le choisir, le vivre et lui accorder une juste place deviennent des décisions qui dépassent largement la simple question de gagner sa vie.
En choisissant notre manière de travailler, nous façonnons aussi, en partie, notre manière de vivre.